Les Tieffelins
Le sang du Neuvième Cercle
Là où les Demi-Orcs portent la trace d’une contamination diffuse, les Tieffelins portent celle d’un contact direct et bien plus ciblé avec l’un des 66 Seigneurs de l’Abîme. Cette lignée est rarissime, redoutée, et ses origines ne sont jamais glorieuses.
- Le Sang du Pacte. Certains Tieffelins descendent d’un ancêtre ayant sciemment scellé un marché, le plus souvent avec Asmodée le Contractuel, ce Seigneur qui « ne dévore pas les âmes, il les achète ». Un pacte de ce genre, conclu pour la richesse, le pouvoir ou la simple survie durant les années les plus sombres, laisse une empreinte qui se transmet à la descendance, bien après que le contrat initial a été honoré ou oublié.
- Le Sang de l’Horreur. D’autres Tieffelins descendent de circonstances bien plus sombres, des incursions démoniaques où des captifs n’ont pas survécu à leur calvaire sans en porter les stigmates dans leur propre lignée. Ces origines-là ne sont presque jamais racontées ouvertement ; on les tait, on les devine, on ne les célèbre jamais.
Quelle que soit l’origine, un Tieffelin porte un fardeau social lourd : dans un monde où les « Corrupteurs de Foi » se déguisent en saints ou en prophètes pour infiltrer les cultes humains, une lignée au sang visiblement abyssal est le premier soupçon que l’on écarte, ou que l’on brûle.
Beaucoup vivent en marge, changent de nom, ou rejoignent des ordres où leurs actes parlent plus fort que leur sang, comme le Pacte de l’Acier Libre ou les rangs les plus discrets des Cartographes du Néant.
Trait distinctif, l’Ombre Apprivoisée. Un Tieffelin résiste naturellement mieux à la terreur pure que peut inspirer un démon, il a grandi, d’une manière ou d’une autre, dans l’ombre de cette peur, et elle ne le paralyse plus comme elle paralyserait un mortel ordinaire. En contrepartie, le sel béni et le fer froid, ces armes de l’humanité contre l’Abîme, lui causent un inconfort réel, une gêne physique tangible, sans pour autant le blesser gravement comme ils blesseraient un véritable démon. C’est un rappel constant, pour lui comme pour ceux qui l’entourent, qu’il n’est ni tout à fait un mortel ordinaire, ni tout à fait une créature de l’Abîme.